Goma, 24 septembre 2026- Le projet présumé visant à écarter Sultani Makenga de la direction militaire de l’AFC/M23 n’aurait pas été découvert à la suite d’une confrontation ouverte, mais progressivement, grâce à une opération de renseignement menée à l’intérieur même du mouvement. Selon des informations révélées par le journaliste Rodriguez Katsuva, plusieurs éléments auraient permis aux services de renseignement de remonter la piste des présumés comploteurs.
L’affaire aurait commencé avec François Kazarama, un officier déjà détenu par la direction du mouvement depuis 2025. D’après les révélations de Rodriguez Katsuva, Kazarama aurait été en contact avec certains acteurs du projet et aurait finalement fourni des informations ainsi que des documents permettant d’en comprendre les contours.
Les renseignements recueillis auraient alors orienté les enquêteurs vers un projet beaucoup plus large qu’une simple contestation de l’autorité de Makenga. Un nouvel organigramme aurait été élaboré en prévision d’une recomposition de la direction politique et militaire de l’AFC/M23.
C’est à ce stade que le nom de Jean-Marie Runiga serait réapparu. Selon Rodriguez Katsuva, l’ancien responsable politique du mouvement aurait été envisagé pour occuper le poste de gouverneur du Sud-Kivu, tandis que Théo Binamungu aurait été pressenti pour prendre la tête du Nord-Kivu.
La piste aurait ensuite conduit à l’arrestation de Théo Binamungu à Goma, à la fin du mois d’août. Conseiller de la branche civile du mouvement, il aurait été interrogé avant d’être transféré à la prison centrale de Munzenze, où il serait détenu depuis le 8 septembre.
L’exploitation de téléphones et d’ordinateurs saisis aurait constitué un autre élément important de l’enquête. Ces équipements auraient permis de retrouver des échanges, des documents et surtout l’organigramme préparé pour l’après-Makenga.
Toujours selon Rodriguez Katsuva, l’opération aurait été pilotée sur le plan du renseignement par John Imani Nzenze. Celui-ci aurait exploité les informations obtenues auprès de Kazarama pour identifier d’autres personnes susceptibles d’être impliquées dans le projet.
Plusieurs responsables militaires auraient alors été cités dans les interrogatoires, notamment le lieutenant-colonel Séraphin Mirindi et le colonel Josué Biyoyo Karhanga. Ce dernier aurait été soupçonné de chercher à rallier des combattants en vue d’une éventuelle mutinerie.
Face à ces révélations, Sultani Makenga et les responsables du renseignement auraient choisi de ne pas procéder à une purge massive. Les arrestations auraient été menées progressivement, tandis que certains officiers soupçonnés d’être liés au projet auraient été placés sous surveillance.
Cette prudence s’expliquerait, toujours selon les informations rapportées par Rodriguez Katsuva, par la crainte de provoquer une réaction en chaîne au sein des troupes. Une répression trop brutale pourrait, selon cette lecture, transformer une affaire de complot en crise ouverte dans les rangs du mouvement.
L’affaire serait ainsi passée d’une simple suspicion à une opération de contre-espionnage impliquant arrestations, interrogatoires et exploitation de documents numériques. Les révélations rapportées par le journaliste décrivent un mouvement confronté à des tensions entre ses composantes politiques et militaires, sur fond de lutte pour le contrôle de ses structures.
Ces éléments restent toutefois à considérer avec prudence, plusieurs détails du récit n’ayant pas fait l’objet de confirmations indépendantes. Ils permettent néanmoins de comprendre, selon la version rapportée par Rodriguez Katsuva, comment la piste du projet contre Makenga aurait été remontée, comment les présumés acteurs auraient été identifiés et pourquoi la direction du M23 aurait privilégié une réponse progressive plutôt qu’une purge générale.
