Kinshasa, 27 septembre 2026 – Accusé par Kigali de partialité dans la gestion de la crise dans l’Est de la République démocratique du Congo, Massad Fares Boulos, conseiller principal du président américain Donald Trump pour les affaires africaines, a défendu la position de Washington dans une interview accordée à France 24 en marge de la 81ᵉ Assemblée générale des Nations unies à New York.
Au cœur de son intervention, les sanctions américaines visant le Rwanda et la mise en œuvre des engagements issus des Accords de Washington entre Kinshasa et Kigali.
Selon Boulos, les mesures prises par les États-Unis à l’encontre de responsables et d’entités rwandais sont directement liées aux développements militaires intervenus après la conclusion des accords de paix. Washington avait notamment sanctionné, en mars 2026, les Forces de défense rwandaises (RDF) ainsi que plusieurs de leurs responsables, en les accusant de soutenir le M23 dans l’Est de la RDC.
Le conseiller américain estime toutefois que ces sanctions ne constituent pas une mesure définitive.
« Ces mesures peuvent facilement être levées dès que la conformité sera au rendez-vous », a-t-il expliqué, faisant de la mise en œuvre des engagements pris dans le cadre du processus de Washington une condition centrale à leur éventuel assouplissement.
Massad Boulos a également défendu la poursuite du processus diplomatique engagé pour mettre fin au conflit dans l’Est congolais. Pour lui, les Accords de Washington doivent servir de rampe de lancement à une dynamique de paix plus large.
Cette démarche doit notamment être complétée par le dialogue direct entre Kinshasa et l’AFC/M23, engagé dans le cadre du processus de Doha. Les deux mécanismes sont ainsi présentés comme complémentaires dans la recherche d’une solution politique au conflit.
La position américaine intervient alors que la mise en œuvre des engagements de Washington reste marquée par des divergences entre Kinshasa et Kigali. La question des FDLR, le retrait des forces rwandaises et le statut du M23 figurent parmi les principaux points de friction.
De son côté, Kigali avait vivement contesté les sanctions américaines de mars, les qualifiant de mesures unilatérales et estimant qu’elles ne reflétaient pas, selon les autorités rwandaises, l’ensemble des obligations prévues par les accords de paix.
Dans ce contexte, Washington maintient sa ligne, les sanctions restent liées au respect des engagements pris, tandis que les processus de Washington et de Doha doivent progresser parallèlement pour tenter de parvenir à une cessation durable des hostilités dans l’Est de la RDC.
