Kinshasa, 22 octobre 2026 – Le ministre de la Justice et garde des sceaux, Guillaume Ngefa a confirmé jeudi 22 octobre 2026 l’arrestation de Fils Mukoko, membre de l’UDPS, après la diffusion sur les réseaux sociaux d’une vidéo dans laquelle il évoque la distribution d’armes à la population et profère des menaces visant des ressortissants occidentaux en République démocratique du Congo. Le ministre a assuré que l’intéressé sera jugé, rappelant qu’aucun gouvernement responsable ne peut tolérer l’incitation à la violence.
Dans la vidéo devenue virale le mercredi 21 octobre, Fils Mukoko déclarait vouloir distribuer des armes dans plusieurs lieux publics.
« Nous allons distribuer les armes même dans des terrains de football. Nous allons distribuer les armes même dans des églises. Nous allons distribuer les armes même dans des universités », affirmait-il.
Il a également menacé les ressortissants occidentaux présents à Kinshasa, déclarant qu’ils auront du mal à sortir de Kinshasa, tout en évoquant une mobilisation devant l’ambassade de Belgique. Ces déclarations ont suscité de vives réactions au sein des institutions congolaises.
Avant l’annonce de son arrestation, plusieurs mesures avaient déjà été prises à son encontre notamment le Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSAC) a décidé de lui interdire toute intervention dans les médias et sur les réseaux sociaux pendant une période de 88 jours.
Sur le plan administratif, Fils Mukoko a également été relevé de ses fonctions de directeur général adjoint de la Régie d’assainissement de Kinshasa (RASKIN), à la suite de la polémique suscitée par ses propos.
De son côté, l’UDPS/Tshisekedi, par la voix de son président intérimaire Augustin Kabuya, a condamné les appels à la distribution d’armes et s’est désolidarisée des initiatives annoncées par Fils Mukoko. Le parti a rappelé son attachement à la non-violence et précisé que ces déclarations n’engageaient pas ses instances dirigeantes.
Le 21 octobre, le ministre de la Justice, Guillaume Ngefa, avait instruit le procureur général près la Cour de cassation d’ouvrir une enquête judiciaire afin d’établir les faits et de déterminer les responsabilités éventuelles.
Patrick Muyaya, porte-parole du gouvernement, avait également condamné fermement les déclarations attribuées à Fils Mukoko, les qualifiant d’horreur absolue et précisant qu’elles n’engageaient ni le gouvernement ni aucune autre institution de la République. Il avait par ailleurs assuré que les autorités prendraient les mesures nécessaires pour garantir la sécurité des missions diplomatiques et de leur personnel.
Avec la confirmation de son arrestation, l’affaire entre dans une nouvelle phase judiciaire. Les faits reprochés devront être examinés par les autorités compétentes, dans le respect de la procédure légale et des droits de la défense.
