Kinshasa, 22 octobre 2026 – Le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, a vivement critiqué le rôle de l’ancien président Joseph Kabila dans le conflit opposant les forces gouvernementales à l’AFC/M23. Lors de son passage ce mercredi 22 octobre à l’émission sur la Radio Okapi, il a dénoncé ce qu’il considère comme une contradiction entre le recours à l’article 64 de la Constitution et la volonté de remettre en cause l’ordre constitutionnel.
« Il n’y a pas pire contradiction que de vouloir vous fonder sur l’article 64 de la Constitution pour venir la tuer », a déclaré le porte-parole du gouvernement congolais.
Patrick Muyaya a également établi un parallèle avec l’arrivée au pouvoir de l’Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo (AFDL) en 1997. Selon lui, une éventuelle prise de pouvoir par les forces qu’il accuse d’être soutenues par Kigali pourrait conduire à la suspension de la Constitution.
Le ministre a par ailleurs affirmé que l’officialisation du rôle de Joseph Kabila au sein de la dynamique politico-militaire liée à l’AFC/M23 ne constituait pas une surprise pour le président Félix Tshisekedi. Il a rappelé que ce dernier avait déjà, selon lui, désigné l’ancien chef de l’État comme le responsable de ce mouvement en août 2024 et en février 2025.
Dans ses déclarations, Patrick Muyaya a accusé Joseph Kabila d’avoir trahi l’héritage politique de son père, Laurent-Désiré Kabila, auquel il a associé la formule : « Ne jamais trahir le Congo. »
Le porte-parole du gouvernement estime que le rôle attribué à Joseph Kabila vise à modifier la perception du conflit dans l’est de la RDC, en présentant celui-ci comme une rébellion congolaise plutôt que comme une agression extérieure.
« Sa présence ne peut nullement transformer cette agression venue du Rwanda en une rébellion congolaise », a-t-il insisté, réaffirmant ainsi la position de Kinshasa sur l’implication de Kigali dans le conflit.
Josué Kid
Actualité
Muyaya, Radio Okapi, Kabila, RDC
