Kinshasa, 27 octobre 2026- Enquête.cd vous propose sa revue de l’actualité en bref. Au menu : les déclarations de Patrick Katengo à l’endroit de la coalition C64 à Rome, l’arrestation de Prince Epenge, l’audit des systèmes informatiques de l’État, les révélations d’Africa Intelligence sur des versements du Trésor public, les tensions entre Kinshasa et Bruxelles, les revendications du Consortium Pacte UZALENDO, les avancées du projet Grand Inga, les recommandations de l’Assemblée nationale concernant la ministre de l’ESU et le procès de Moïse Katumbi devant la Cour de cassation.
Patrick Katengo appelle la C64 à privilégier la défense de la République face à Kabila
Le président du Forum national de la jeunesse, Patrick Katengo, a appelé les responsables de la coalition C64, réunis à Rome, à placer la défense de la souveraineté nationale au-dessus des rivalités politiques. Il les exhorte notamment à condamner explicitement le recours aux armes par l’ancien président Joseph Kabila. Selon lui, les divergences politiques ne doivent pas compromettre l’unité nationale et l’intégrité territoriale de la RDC, confrontée à une crise sécuritaire persistante dans sa partie orientale. Il estime que les acteurs politiques doivent privilégier la cohésion nationale face à ce qu’il qualifie d’agression rwandaise.
Prince Epenge arrêté : la C64 exige sa libération
L’opposant Prince Epenge, responsable de l’ADD Congo et porte-parole de Martin Fayulu, a été arrêté à l’aéroport international de N’djili, à Kinshasa, avant d’être conduit au Conseil national de cyberdéfense (CNC), selon une source proche de l’opposition. Il serait poursuivi pour « propagation de faux bruits » à la suite de ses déclarations concernant la mort de Manassé Lomboto, militant et chargé de sécurité de son parti, décédé après la marche du 15 septembre organisée par la coalition C64. Réunis à Rome, les dirigeants de cette plateforme ont exigé sa libération immédiate. Les circonstances du décès de Manassé Lomboto restent controversées, tandis que les allégations de pressions exercées sur l’hôpital n’ont pas été confirmées de manière indépendante. L’autopsie annoncée par le parquet n’aurait toujours pas été réalisée.
Cybersécurité : Tshisekedi ordonne un audit des systèmes informatiques de l’État
Le président Félix Tshisekedi a fait de la cybersécurité un « impératif de sécurité nationale » et instruit le gouvernement de renforcer la protection des infrastructures numériques publiques. Cette orientation a été évoquée lors du Conseil des ministres du 23 octobre 2026, après des alertes internationales faisant état de vulnérabilités critiques dans les systèmes d’information publics. Le ministre des Postes et Télécommunications, en collaboration avec celui de l’Économie numérique, doit coordonner un audit de sécurité. Les ministères de l’Intérieur et de la Défense sont également appelés à protéger leurs systèmes sensibles, tandis que le ministre des Finances, en concertation avec la Banque centrale du Congo, doit veiller à la sécurisation des plateformes de gestion des finances publiques et des systèmes de paiement. Le compte rendu officiel ne précise toutefois ni l’origine ni la nature exacte des alertes évoquées.
Trésor public : Africa Intelligence rapporte des versements à la mère de Tshisekedi et à des fondations familiales
Selon une enquête publiée le 26 octobre par Africa Intelligence, plusieurs millions de dollars auraient été versés à Marthe Kasalu Jibikilayi, mère du président Félix Tshisekedi, au titre des indemnités de sortie dues à son défunt époux, Étienne Tshisekedi. Le média cite également plusieurs fondations associées à la famille présidentielle, notamment les fondations Étienne Tshisekedi, Kasalu et Lona, parmi les bénéficiaires de virements provenant du Trésor public. Ces révélations soulèvent des interrogations sur les modalités de calcul des indemnités, les procédures administratives de paiement et la conformité de ces décaissements aux règles applicables aux dépenses publiques. Les montants individuels attribués aux fondations et la nature exacte des dépenses financées ne sont cependant pas précisés dans les informations rapportées.
FRN et Belgique : les tensions sécuritaires et diplomatiques évoquées au Conseil des ministres
Le rapport sur l’état du territoire présenté par le vice-Premier ministre de l’Intérieur lors du Conseil des ministres du 23 octobre a notamment porté sur le Front de résistance nationale (FRN), associé à l’ancien président Joseph Kabila, et sur les tensions diplomatiques entre Kinshasa et Bruxelles. Selon le compte rendu officiel, le gouvernement a dénoncé ce qu’il qualifie d’« officialisation de la prise des armes » par l’ancien chef de l’État sous le label du FRN. Kinshasa présente ce mouvement comme un « M23/AFC rénové, supplétif de l’agresseur rwandais ». Le rapport a également évoqué les réactions suscitées par les perquisitions menées en Belgique dans des résidences de proches du président congolais, dans un contexte de crispation des relations entre les deux pays.
Est de la RDC : le Consortium Pacte UZALENDO réclame un tribunal pénal international
Le Consortium Pacte UZALENDO (CPU) appelle Joseph Kabila à privilégier le dialogue national plutôt qu’une dynamique armée. Dans une déclaration faite à Kinshasa le 26 octobre, cette plateforme de la société civile a dénoncé ce qu’elle considère comme une trahison de la mémoire des victimes de trois décennies de conflits dans l’Est de la RDC. Elle réclame la création d’un Tribunal pénal international pour la RDC afin de juger les crimes commis sur le territoire congolais depuis 1993. Le consortium demande également la création de la province du Mitumba, présentée comme une mesure de réparation historique en faveur des populations d’Uvira, de Fizi, de Mwenga et de Shabunda. Il plaide pour un dialogue national associant les victimes, les communautés affectées, la société civile et les experts concernés.
Grand Inga : la RDC et les États-Unis lancent un cadre de coordination à Paris
La RDC et les États-Unis ont tenu, le 26 octobre à Paris, la réunion inaugurale du Comité de coordination et de gouvernance du projet Grand Inga. Les discussions, organisées dans les locaux de la Banque mondiale, ont porté sur les préparatifs techniques et financiers d’Inga 3, première phase du vaste projet hydroélectrique congolais. À l’issue de cette rencontre, les deux délégations ont convenu de mettre en place un groupe technique qui se réunira chaque mois, de novembre 2026 à avril 2027. Ces travaux doivent permettre de préciser les décisions attendues des autorités congolaises et les appuis nécessaires de la partie américaine avant la prochaine réunion du Comité. La Banque mondiale a facilité les échanges entre les deux parties.
ESU : l’Assemblée nationale recommande le départ de Marie-Thérèse Sombo
Les députés nationaux ont adopté à l’unanimité, le 26 octobre, des recommandations demandant à la Première ministre, Judith Suminwa, de mettre fin aux fonctions de la ministre de l’Enseignement supérieur et universitaire, Marie-Thérèse Sombo. Cette décision fait suite à une enquête parlementaire de trois mois sur la gestion financière du ministère. Selon les conclusions présentées en plénière, des irrégularités liées au détournement présumé de quotités prélevées sur les frais payés par les étudiants auraient été relevées. Le bureau de l’Assemblée nationale devait transmettre officiellement les recommandations à la cheffe du gouvernement, à qui il revient de donner une suite à cette démarche parlementaire.
Justice : Moïse Katumbi jugé en son absence devant la Cour de cassation
La Cour de cassation examine à Kinshasa l’affaire opposant Moïse Katumbi à son demi-frère aîné, Raphaël Katebe Katoto, qui l’accuse depuis 2024 de lui avoir spolié plusieurs biens situés dans le Haut-Katanga, notamment une villa à Lubumbashi et des fermes. L’opposant, actuellement en exil, est absent de la procédure. Sa défense conteste la compétence de cette juridiction, estimant que son client n’est pas justiciable devant elle. Ses proches dénoncent une procédure qu’ils considèrent comme politiquement motivée et affirment que Katumbi n’aurait jamais été entendu par le parquet. Ces accusations et contestations devront être examinées dans le cadre de la procédure judiciaire.
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Junior Kanyiki
