Kinshasa, 05 mai 2025- Une nouvelle ligne rouge a été franchie dans le Nord-Kivu. Dimanche 4 mai, les Forces armées de la RD Congo (FARDC) ont dénoncé une « violation flagrante du cessez-le-feu », après la prise de la localité de Lunyasenge par les rebelles du M23, dans le territoire de Lubero. Ce revers intervient dans un contexte où les espoirs de paix reposent sur de fragiles négociations menées à Doha et Washington.
Le lieutenant-colonel Mak Hazukay M., chargé de la communication pour le secteur Nord, a exprimé la colère et la préoccupation de l’armée congolaise. “Cette attaque constitue une violation du cessez-le-feu et des mesures prises pour suivre les négociations en cours. L’armée se réserve le droit de riposter sur tous les fronts si la menace du M23 et de ses alliés RDF persiste”, a-t-il déclaré face à la presse.
Lunyasenge n’est pas un cas isolé. En l’espace de quelques jours, plusieurs autres localités stratégiques, dont Katundu et Musenda, sont également tombées entre les mains du M23. Cette progression rapide des rebelles accentue la pression militaire sur le territoire de Beni et ravive les craintes d’un embrasement plus large.
Alors que la communauté internationale tente de faire avancer le processus diplomatique, les faits sur le terrain envoient un message contraire. La situation démontre l’écart grandissant entre les engagements pris autour des tables de négociation et la réalité des combats dans les collines du Nord-Kivu.
Pour les FARDC, le signal est que la patience a des limites. Et si les violations persistent, une réponse militaire d’envergure n’est plus à exclure. Une escalade qui risque de mettre en péril les maigres avancées diplomatiques, dans une région déjà à bout de souffle.
