Kinshasa, 04 août 2025- La Cour de cassation a tenu, ce lundi, la quatrième audience du procès visant Constant Mutamba, ancien ministre de la Justice, accusé de détournement de fonds publics. L’affaire concerne notamment la construction inachevée d’une prison à Kisangani, pour laquelle des millions de dollars auraient été indûment utilisés.
Sur les huit témoins convoqués par la défense, seuls deux ont répondu présent, notamment le chef de division provinciale du ministère de la Justice dans la Tshopo, ainsi que le chef du département de génie civil de l’Université de Kinshasa. Ces derniers correspondent aux témoins n°1 et n°7 de la liste introduite par les avocats de Mutamba.
Cependant, leur audition n’a pas pu avoir lieu comme prévu. La Cour a décidé de suspendre les débats et de les renvoyer au mercredi 6 août, afin de permettre la comparution complète des dix témoins attendus, conformément à la requête de la défense.
Me Constant Mutamba, assurant lui-même sa propre défense, a critiqué avec vigueur la lenteur dans l’acheminement des convocations. Il a mis en cause un défaut de diligence du greffier, accusé de n’avoir pas contacté la majorité des témoins cités. « Vous avez déjà un complot contre moi, faites ce que vous voulez. Je suis prêt à assumer. Je ne suis pas là pour recevoir des menaces », s’est-il emporté devant la Cour.
La liste des témoins comprend des figures majeures du secteur public et judiciaire, telles que l’ancien inspecteur général des finances Jules Alingete, Lydia Mashika, directrice des services pénitentiaires, Christian Kalume de l’autorité des marchés publics, ainsi que le professeur Kito Limbaya, Marie Mukadi et plusieurs experts techniques liés au projet de prison.
Un débat juridique a également émergé au sujet d’Alder Kisula Betika, secrétaire de la CENAREF, également convoqué. Ce dernier a transmis une note pour justifier son absence, arguant d’une interdiction légale de témoigner sur des faits liés au blanchiment d’argent et au financement du terrorisme qu’il aurait découverts dans le cadre de ses fonctions. S’étant impliqué personnellement dans l’enquête, il estime qu’un témoignage violerait ses obligations professionnelles.
