Goma, 4 mai 2026- Des chefs coutumiers de la chefferie de Bukumu, dans le territoire de Nyiragongo, ont été soumis à des traitements humiliants dans un camp militaire contrôlé par les rebelles du M23.
Dans un contexte sécuritaire toujours fragile à l’est de la République démocratique du Congo, cet incident ravive les tensions entre acteurs locaux et groupes armés.
La coordination territoriale de la société civile de Nyiragongo a dénoncé, samedi 2 mai 2026, des actes jugés « dégradants » infligés à plusieurs autorités traditionnelles transférées au centre de formation militaire de Chanzu. Selon cette structure, les chefs concernés auraient été contraints de chanter, danser et même de se coucher au sol, dans des conditions qualifiées d’humiliantes.
Dans un communiqué rendu public le même jour, l’organisation évoque une « humiliation publique » et estime que ces responsables coutumiers ont été traités « avec un mépris assimilable à celui réservé à de jeunes enfants ».
Elle souligne qu’aucune circonstance qu’il s’agisse d’accusations ou de différends — ne saurait justifier un tel traitement, qu’elle considère comme une atteinte grave à la dignité humaine.
La société civile met également en lumière la complexité des profils parmi les chefs concernés. Certains seraient soupçonnés d’entretenir des liens avec des groupes armés, tandis que d’autres chercheraient à préserver leur autorité locale dans un environnement marqué par des rivalités de pouvoir. D’autres encore font face à des contestations liées à leur légitimité, notamment en raison de désignations opérées sous différents régimes politiques.
Ces faits interviennent dans un climat particulièrement tendu à Nyiragongo, où les équilibres entre autorités coutumières, populations locales et groupes armés restent fragiles. Pour la société civile, au-delà des personnes directement concernées, c’est toute la communauté qui se sent aujourd’hui atteinte par ces agissements, perçus comme une remise en cause des structures traditionnelles et du respect dû à leurs représentants.
Face à cette situation, plusieurs voix s’élèvent pour appeler au respect des droits fondamentaux et à la protection des autorités locales, dans une région déjà éprouvée par des années d’instabilité et de violences.
