Kinshasa, 26 août 2025- L’Observatoire de la dépense publique (ODEP) a fait part, lundi, de sa profonde déception face au déroulement du procès visant l’ancien président de la République démocratique du Congo, Joseph Kabila.
Dans une déclaration ferme, l’organisation reproche à la justice d’avoir limité les débats à la seule question de la nationalité, en écartant des faits graves et dûment documentés qui auraient pu servir de socle à une jurisprudence exemplaire.
L’ODEP dénonce également plusieurs irrégularités dans la procédure, en particulier la violation de la loi relative au statut des anciens chefs d’État. Selon cette disposition, seul le Congrès, et non le Sénat, détient la compétence d’autoriser de telles poursuites.
Pour l’organisation, réduire l’essentiel du procès à la nationalité d’un ancien Chef d’État est une démarche futile et indigne de l’importance d’un tel dossier. Elle considère en outre que cette approche a entretenu la culture de l’impunité issue de la Révolution-Pardon de 1997 et a fragilisé le processus de réconciliation entre justice, vérité et mémoire collective.
Face à ce constat, l’ODEP appelle à l’abrogation de la loi sur le statut et la protection des anciens Chefs d’État.
« Dans sa forme actuelle, elle érige une barrière d’impunité en plaçant les anciens dirigeants au-dessus de la loi. Pour garantir la redevabilité et l’égalité devant la justice, l’organisation estime que tout ex-président devrait pouvoir répondre de ses actes devant les juridictions compétentes », a-t-elle déclaré.
Poursuivi pour divers crimes, l’ancien président Joseph Kabila risque, selon la réquisition du ministère public, la peine de mort ainsi qu’une amende de plus de 21 millions de dollars américains.
