Goma, 5 mai 2026-La situation sécuritaire à Uvira, dans la province du Sud-Kivu, reste marquée par une forte présence de groupes armés et des tensions communautaires persistantes. Dans ce contexte, Delphin Kalembe Ngomanzito a lancé un appel ferme au retrait des combattants Wazalendo des zones urbaines, tout en plaidant pour une cohabitation pacifique entre les communautés.
Dans une déclaration faite lundi 5 mai 2026 à Uvira, à l’issue d’un entretien avec Jacques Kongolo, conseiller du président de la République en charge des questions communautaires et identitaires dans l’est du pays, le responsable de l’unité spéciale des Wazalendo a exhorté les combattants présents en ville à rejoindre les lignes de front. Il a insisté sur la nécessité de concentrer les efforts militaires contre l’ennemi, tout en évitant les dérives en milieu urbain.
Selon lui, la présence d’éléments armés dans la ville favorise des abus, notamment contre les civils, et risque de ternir l’image des « véritables Wazalendo ». « Il est impératif de distinguer les combattants loyaux de ceux qui sont instrumentalisés par l’ennemi », a-t-il déclaré, pointant également la prolifération inquiétante des armes illégales.
Un moratoire de trois jours a été accordé aux combattants pour quitter la ville et regagner les positions de combat. Seuls les commandants seront autorisés à circuler en zone urbaine, avec un effectif strictement limité. Toute infraction à ces directives exposera les contrevenants à des sanctions prévues par le règlement militaire. L’objectif affiché est de renforcer la sécurité de la ville et de prévenir toute infiltration ennemie.
Au-delà des considérations militaires, le message de Delphin Kalembe se veut également rassurant à l’égard des populations civiles. Il a notamment répondu aux inquiétudes exprimées dans certaines communautés, dont celle des Banyamulenge, qui redoutent des violences. Il a assuré que les Wazalendo ont pour mission de protéger tous les citoyens congolais sans distinction, tout en rappelant le respect du principe de libre circulation garanti par la Constitution.
Sur le plan social et politique, cet appel s’inscrit dans une volonté affichée de promouvoir la paix et la cohésion nationale.
Le chef Wazalendo a invité les leaders communautaires d’Sud-Kivu et de toute la République démocratique du Congo à œuvrer ensemble pour mettre fin aux divisions et reconstruire le tissu social fragilisé par des années de conflit.
« La guerre a trop duré, elle nous a coûté beaucoup », a-t-il insisté, appelant à une mobilisation collective en faveur de la paix durable.
Ce double discours, à la fois sécuritaire et conciliant, intervient alors que l’est du pays reste en proie à une instabilité persistante, dans un contexte de conflit impliquant plusieurs acteurs armés et des tensions régionales accrues.
