Kinshasa, 25 juillet 2026-Face aux critiques sur la gestion des retraites à la Société nationale des chemins de fer du Congo (SNCC), le directeur général Fabien Mutomb défend son bilan et évoque un lourd héritage financier et social laissé par les années précédentes.
Il affirme avoir trouvé une entreprise confrontée à une situation complexe, marquée notamment par des agents ayant déjà cessé leurs activités sans avoir perçu leurs droits de sortie.
« Nous avons hérité d’un passif lourd. Lors de notre arrivée à la tête de la SNCC, nous avons retrouvé des agents qui travaillaient encore, mais aussi d’autres qui avaient déjà cessé leurs activités sans être payés », a déclaré Fabien Mutomb.
Selon le directeur général, une évaluation interne estime à environ 640 millions de dollars le montant nécessaire pour financer le départ à la retraite de tous les agents concernés. Une charge que l’entreprise ne pourrait pas supporter seule dans l’immédiat.
Fabien Mutomb rappelle que la SNCC compte actuellement 5 400 agents répartis dans 12 provinces de la République démocratique du Congo, dont une grande partie est éligible à la retraite. Il assure que la direction a engagé un processus progressif d’assainissement du personnel.
Il annonce notamment un programme visant la mise à la retraite de 2 500 agents et le recrutement d’environ 1 000 nouveaux employés afin de rajeunir les effectifs et préparer la relève.
Le patron de la SNCC affirme par ailleurs que 255 agents ont déjà été indemnisés grâce à des ressources mobilisées par l’entreprise, notamment un crédit bancaire de 4,5 millions de dollars entièrement remboursé.
Concernant les accusations liées à la gestion des fonds destinés aux retraités, Fabien Mutomb rejette toute implication et rappelle que les financements de la Banque mondiale évoqués concernent des programmes datant de 2011 à 2013, antérieurs à son administration.
Il assure également que les conditions salariales des cheminots ont connu une amélioration depuis son arrivée, affirmant que les rémunérations les plus faibles sont passées d’environ 83 dollars à une fourchette comprise entre 380 et 400 dollars.
Pour la direction générale, la résolution de la crise des retraites nécessite un accompagnement de l’État. Fabien Mutomb indique qu’un fonds social destiné à financer les départs à la retraite est en préparation avec le gouvernement.
Alors que plusieurs retraités continuent de réclamer le paiement de leurs droits, la direction de la SNCC affirme vouloir tourner la page du passé en mettant en place une réforme progressive des effectifs et un accompagnement plus digne des anciens agents.
