Kinshasa, 16 octobre 2026- Conçue pour accueillir seulement 1 500 détenus, la prison centrale de Makala, à Kinshasa, héberge actuellement 16 238 personnes, soit plus de dix fois sa capacité initiale. Cette surpopulation carcérale s’est accentuée en une année, avec un effectif passé d’environ 8 000 à plus de 16 000 détenus, selon les chiffres communiqués jeudi par le ministre d’État en charge de la Justice, Guillaume Ngefa, lors d’une visite dans cet établissement pénitentiaire.
Le surpeuplement de cette maison carcérale exerce une forte pression sur les infrastructures et les moyens disponibles pour assurer la prise en charge des prisonniers. Selon le directeur de la prison, André Kanza, les 16 238 détenus comprennent 299 femmes et 229 enfants en conflit avec la loi. Plus de 11 000 personnes sont par ailleurs en détention préventive.
Lors de sa visite, Guillaume Ngefa a souligné l’augmentation rapide de la population carcérale, alors que le budget de fonctionnement de l’établissement n’a pas connu d’augmentation correspondante.
« La population carcérale a pratiquement doublé depuis ma première visite, passant d’environ 8 000 à plus de 16 000 détenus en une année, sans augmentation du budget de fonctionnement », a déclaré le ministre, selon une note consultée par l’Agence congolaise de presse (ACP).
Accompagné du procureur général près la Cour de cassation, Firmin Mvonde, le ministre de la Justice a parcouru plusieurs pavillons, notamment ceux réservés aux femmes, aux enfants en conflit avec la loi et aux détenus malades.
La délégation a constaté une forte promiscuité, la dégradation des infrastructures et des difficultés d’accès aux soins médicaux. Ces conditions témoignent des conséquences du surpeuplement sur le quotidien des détenus et sur les capacités de l’administration pénitentiaire à répondre à leurs besoins.
Face à cette situation, Guillaume Ngefa a annoncé des mesures urgentes pour faire face aux difficultés constatées. La réduction de la pression sur les infrastructures, l’amélioration des conditions de détention et la prise en charge des détenus figurent parmi les défis soulevés par cette situation.
Avec un effectif dépassant de plus de dix fois sa capacité initiale, la prison centrale de Makala reste confrontée à un problème majeur de surpopulation carcérale, aggravé par la hausse rapide du nombre de détenus et l’insuffisance des moyens de fonctionnement.
